Les Conquérantes, tome 2: La Résistance, de Alain Leblanc

Combien de femmes comme Gilberte ou Marceline, combien de jeunes filles aux joues rondes d’adolescente qui n’avaient pas dix-huit ans étaient entrées en résistance dès 41 et avaient affronté les salles de torture et la déportation , Combien y avaient laissé la vie ?

Chronique de l’histoire des Femmes en France (2)

France des années 30. L’ Europe s’enfonce lentement dans la guerre. Hitler et son parti national socialiste s’immiscent peu à peu dans les arcanes du pouvoir, enchaînant les succès… Noémie, la fille de Clémence, découvre les idées fascistes et antisémites de son mari. Comme sa mère avant elle, Noémie fera le choix de la résistance.

Après un premier tome qui m’avait déjà beaucoup touché, j’ai plongé dans celui-ci avec avidité. Si en 2019 nous connaissons, dans les grandes lignes, les grands combats pour l’émancipation des femmes, cette saga nous les retrace de manière plus détaillée.

Comme pour le premier tome, Alain Leblanc dépeint le contexte historique, politique dans lequel évoluent ses personnages. Non seulement il évoque l’Histoire, mais il rend aussi hommage à un certain nombre de figures de la résistance.

Nous retrouvons donc Clémence, précurseure d’une génération de femmes qui briseront leurs chaînes et seront de tous les mouvements féministes de ce siècle. Et quand je dis féministe, je ne parle pas des fémens et autres mouvements féminins extrémistes. Je parle du féminisme dans sa définition réelle, en l’espèce un ensemble de mouvements, d’idées politiques, philosophiques et sociales dont le but est de d’atteindre, dans tous les domaines ( qu’ils soient politiques, culturels ou sociaux ), l’égalité entre les hommes et les femmes. Il s’agit bien d’abolir les inégalités et non pas de prendre le dessus, de se victimiser à outrance ou de se cacher derrière le statut de femme ou de mère pour revendiquer des droits supérieurs à ceux des hommes. Pardonnez cette digression mais elle me paraissait essentielle.

Ainsi, Alain Leblanc retrace les moments forts des années 1930 à 1960. Le Front Populaire, la Seconde Guerre Mondiale, l’après guerre et l’évolution des mentalités. Un récit puissant, empreint d’un réalisme qui vous emporte dans une machine à voyager dans le temps. Comme pour le précédent, ce roman ne se lit pas, il se vit. On se révolte avec les personnages, on souffre avec eux, on pleure, on sourit… Leurs émotions se font nôtres par le truchement de la plume remarquable de l’auteur.

Enfin, une fois encore, outre les luttes, Alain Leblanc laisse aussi une grande place à l’amour. L’amour comme sentiment amoureux, le moteur qu’il représente pour se libérer de certains carcans. Mais aussi l’amour maternel, l’amour filiale.

Si, en dehors du droit de vote acquis après guerre, les évolutions ont été peu nombreuses quant à l’émancipation des femmes sur la période que couvre cet opus, Alain Leblanc a su mettre en avant, une fois encore, les combats de nos aïeules. De la résistance à l’envahisseur à la résistance contre l’autorité des hommes, suivez Clémence et les siens dans cette saga passionnante.

Les Conquérantes, tome 2: La Résistance de Alain Leblanc, paru le 29 septembre 2017 aux éditions French Pulp

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