Art et décès de Sophie Hénaff

Son statut de numéro un était menacé, la nouvelle génération était déjà là à lui bouffer les talons. Hot, toujours plus hot, il y a longtemps qu’elle chantait nue et dansait dans des cages, c’était quoi la prochaine étape pour rester sur le podium? Fellation live au meilleur fan?


Chronique en demi teinte

Un réalisateur est retrouvé assassiné. Manque de pot pour Eva Rosière, membre des forces de l’ordre en disponibilité après s’être lancée dans le 7ème art, il s’agit de son réalisateur et tout semble la désigner comme coupable. N’écoutant que son amitié pour Eva, Anne Capestant écourte son congés parental pour faire la lumière sur cette sombre histoire… Attention, ACTION.

Art et Décès est ma première rencontre avec la plume de l’auteur. Ayant suivi assidûment un régime San-A (San-Antonio pour les novices) il y a quelques années, je suis très réceptive aux comédies policières et c’est donc sourire scotché au visage que j’ai entamé ma lecture. Mais voilà…

Je referme le roman en étant mitigée. Je peine à dire si j’ai aimé ou non. La lecture des cent premières pages a été laborieuse. Trop. trop de personnages, trop de caricatures, trop de tout. Si j’aime les jeux de mots et l’humour, j’ai eu une sensation de lourdeur. Certaines phrases manquaient de naturel et de fluidité. Alors soyons clairs, il est vrai qu’in real life personne ne parle de cette manière et que ça relève plus du sur-naturel que de l’existant. Toutefois j’ai eu le sentiment d’une recherche systématique d’effets, gênant ainsi ma lecture.

Je suis bien consciente que ce roman est le troisième de la saga et que je n’étais pas familiarisée avec cette équipe dite des « Innocents », ce qui a certainement biaisé mon ressenti de départ. Je me suis donc accrochée et j’ai poursuivi malgré la difficulté. J’ai fait connaissance avec chacun des protagonistes, plus colorés les uns que les autres, au point de faire pâlir de jalousie les équipes publicitaires de Benetton.

Passé ce temps d’adaptation, les deux cents pages suivantes m’ont finalement emportée dans ce cluedo géant. Alors oui, le « too much » a persisté, mais le thème qu’a choisi Sophie Hénaff pour ce roman est intéressant et sa manière de le traiter originale. Ainsi, si Dallas est un univers impitoyable (maintenant vous avez le générique dans la tête), le monde du cinéma ne l’est pas moins! Beautés superficielles, misogynie, compétition, apparences, magouilles… C’est une satire full color que nous propose l’auteur et in fine, c’est un aspect que j’ai beaucoup aimé.

Dernier point, l’intrigue. Et là c’est une difficulté lié au genre. Dans un roman policier humoristique il est difficile de maintenir une tension ou un rythme soutenu sans qu’ils ne souffrent du type de narration choisi par l’auteur. Et il m’en a manqué un peu. Malgré le côté « Agatha Christesque » (copyright moi-même) , la joueuse de #CluedoLeVrai que je suis a deviné trop rapidement qui, du Colonel Moutarde ou de Mademoiselle Rose, avait trucidé le réalisateur d’Eva.

Je suis donc mi-figue, mi-raisin au sortir de cette lecture qui globalement reste un bon moment. Si vous aimez les jeux de mots, que vous aimez rire et que vous cherchez une lecture légère qui ne mettra pas vos cerveaux à rude épreuve ou encore qui ne vous heurtera pas avec des images interdites aux moins de seize ans, Art et décès pourra vous séduire. Néanmoins, je vous recommande tout de même de commencer par le premier de la série afin de ne pas biaiser votre lecture et de faire connaissance avec l’équipe, loufoque, des Innocents.

Art et décès de Sophie Hénaff, paru le 06 mars 2019 aux éditions Albin Michel.

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