Hunter de Roy Braverman

Il neige sur le parking depuis que la nuit est tombée. Des flocons lents et espacés. Légers comme des duvets. Ils se posent en silence sur le pare-brise, baisers mouillés qui pleurent aussitôt des larmes hésitantes. »

Chronique de la vengeance

Il y a douze ans, à Pilgrim’s Rest, cinq hommes ont été assassinés et leurs femmes ont disparu. Le coupable? Un demi-sang indien répondant au nom de Hunter. Un demi-sang indien qui vient de s’évader du couloir de la mort. Pour Freeman, ex-flic et père d’une des disparues, la traque commence. Œil pour œil. Dent pour dent. Une vie pour une vie. Mais alors que la tempête fait rage, rien ne va se passer comme Freeman l’avait espéré. Pilgrim’s Rest cache bien des secrets…

Avant même d’attaquer la chronique sur le fond, petite explication. Je sais que beaucoup de lecteurs se sont demandés pourquoi Patrick Manoukian avait utilisé un autre pseudonyme que celui de Ian Manook avec lequel il a signé,notamment, la trilogie mongole. La réponse est simple et touchante, et Patrick l’explique en préface de Hunter: hommage. Je ne vous en dirais pas plus parce que cette préface est à découvrir autant que le roman.

Si Roy Braverman opère un virage à 180 degrès avec Hunter, on retrouve par endroit la « manook touch », cette capacité à décrire des paysages, des instants avec poésie et une certaine tendresse, comme dans l’extrait proposé en ouverture de chronique.

Mais ne vous y trompez pas Hunter est un thriller rythmé comme on les aime. Roy Braverman ne nous laisse aucun répit et nous entraîne dans une partie de chasse à l’homme qui laisse le lecteur à bout de souffle, grelottant dans le froid des Appalaches.

Sous la plume vive et tranchante de Roy Braverman, Patrick nous offre des personnages attachants, complexes, pétris dans la rudesse du climat de cette chaîne de montagne de l’est de l’Amérique du Nord. Des personnages qui se sont construits dans la douleur de leurs vécus.

L’intrigue, menée avec maestria, sert de transmetteur, car que Patrick écrive sous le pseudo de Ian Manook ou de Roy Braverman, il s’attache toujours à développer d’autres sujets. Ainsi il nous entraîne dans les affres de la culpabilité, nous décrit le racisme profond et des tabous des relations inter-communautés qui existent encore dans cette région reculée des Etats-Unis. Il nous parle aussi de la douleur de la disparition, de la complexité de faire le deuil d’une personne dont on ne sait si elle respire encore, du rapprochement qui peut s’opérer entre deux cœurs blessés.

Habillez-vous chaudement, emportez une couverture de survie, des vivres, et venez trembler au cœur des Appalaches avec ce thriller coup de poing qui n’est que le premier de la trilogie que signe Roy Braverman… D’ailleurs ne tardez pas, la suite, Crow débarque le 14 mars 2019…

Hunter de Roy Braverman, paru le 16 mai 2018 chez Hugo & Cie, collection Hugo Thriller.

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