Parasite de Arnaud Codeville

Ils reprirent leur exploration et tombèrent, au bout de quelques pas, sur des bancs en bois pourvus de dossiers et disposés en deux rangées comme ceux d’une église. La plupart d’entre eux étaient vermoulus et en piteux état. Ils filaient jusqu’à l’opposé de la salle et se perdaient dans l’obscurité où se devinait la silhouette d’une estrade, guère plus haute qu’un homme. Chloé, convaincue d’avoir fait la découverte archéologique du siècle, continua d’avancer et contourna les sièges par la droite. Elle en dénombra une bonne vingtaine. A mi-chemin, un candélabre en métal, brisé, lui barrait le passage. Elle fut contrainte de revenir vers le centre en s’engageant entre deux rangs. Au milieu des bancs, elle se figea et poussa un cri d’horreur qui glaça le sang des garçons.

Chronique de la maturité

Avec ce troisième roman Arnaud Codeville frappe fort! Sa plume s’est encore étoffée, son style a mûri et exit les maladresses.

Dans Parasite, il nous livre des personnages attachants, plus complexes et mieux construits que dans ses deux premiers romans.Docteur ès ambiance horrifique, il nous balade entre deux époques, et bien malin celui qui peut deviner dans laquelle il emporte le lecteur en début de chaque chapitre… Il joue et se joue de nous en n’allant jamais où on l’attend jusqu’à un final qui m’a laissée scotchée.Portées par un style très cinématographique, c’est sous un plaid et avec un thé que j’ai suivi les aventures de ces quatre adolescents. Je savais que j’allais frissonner, regarder au dessus de mon épaule pour m’assurer que j’étais bien seule tant il était certain que j’allais vivre l’histoire… C’est la Arnaud Touch, cette capacité à nous plonger dans les années 80 ou 90, à générer de l’angoisse et à nous faire vivre la lecture.Au delà de l’ambiance, Arnaud m’a touché avec certains passages: il évoque la perte d’un être cher, les violences intra-familiales, le chômage, l’alcoolisme… Mais rend aussi un bel hommage aux gueules noires, à son nord natal et à l’amitié. Il a mis beaucoup d’émotions entre les lignes et une sensibilité que je n’avais pas perçu dans ses romans précédents.

Une nouvelle évolution donc avec ce troisième roman qui confirme le talent de ce jeune auteur et sa place au sein du genre horrifique.
Difficile d’en dire davantage sur ce roman. Il n’est pas dans mes habitudes de spoiler une lecture au risque d’en gâcher la découverte.Arnaud a fait le choix d’une quatrième de couverture très courte et mystérieuse et je respecte cette volonté de l’auteur.

Il ne me reste qu’à vous conseiller de suivre ces quatre adolescents au cœur de la forêt de Raisme pour découvrir avec eux ce monastère et les secrets qu’il recèle…. En vous souhaitant de bons frissons!

Parasite de Arnaud Codeville, paru le 17 janvier 2019 en autoédition.

6 Replies to “Parasite de Arnaud Codeville”

    1. Merci Valérie.
      Je ne suis pas experte de ce genre là, toutefois j’ai vraiment eu un sentiment d’angoisse et de peur. Il y a beaucoup d’autres émotions aussi, et c’est pour moi un vrai coup de coeur dans ce genre!

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