Sinestra d’Armelle Carbonnel

«La vérité c’est qu’on n’en sortait jamais vraiment, quels que soient les subterfuges . Sinestra happait le corps et l’âme. Même loin de ses barricades, le Val vous rattrapait toujours. »



Chronique d’une plongée dans la folie des Hommes

Mon très cher Val Sinestra,
Qu’il a été difficile de te quitter après ces quelques heures passées à tes côtés.
Par les mots d’Armelle je t’ai découvert, toi mais aussi ton paradoxe. Aussi fascinant qu’effrayant, je t’ai, tour à tour, aimé et détesté.
Tu as accueilli en ton sein ces mères et ces enfants, qui fuyaient la folie des Hommes et les horreurs de la guerre, pour leur offrir le repos des corps et panser leurs coeurs meurtris. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient, mais toi tu savais… Tu savais que la folie de leurs pairs les poursuivraient jusque dans tes murs. Il a fait chaud en cet été 1942, pourtant j’étais glacée d’effroi en lisant ton histoire. Tant d’angoisse et de malaise portés par la plume délicate et poétique de celle qui t’a donné la vie mais aussi la parole. Une bien sombre poésie pour nous décrire ce que tu t’es acharné à cacher aux yeux du Monde.
Pourtant tu les as aimés tes pensionnaires : « j’aimais cet enfant étoilé. Autant que les autres, mal nés, mal aimés, mal formés. Leur saveur ne présentait aucune différence. Ils incarnaient l’innocence dans un monde exempt de fraîcheur et le vieux rustre que j’étais s’en nourrissait pour prolonger l’éternité au-delà des limites sacrées. » Tu les as aimés non pas pour les protéger, mais te nourrir de leurs souffrances. Te repaître des calvaires provoqués par les vices des Hommes.
Mais tu n’es pas né ainsi. Tu es devenu ce que le Mal a fait de toi.
Mon très cher Val Sinestra, j’aimerais te dire que cette folie est terminée, mais il n’en est rien. Chaque jour, le Monde découvre de nouvelles horreurs et je ne sais qui du Bien ou du Mal finira par gagner ce combat. Heureusement, face à cette folie qui gangrène certaines âmes, s’opposent des cœurs vaillants, des cœurs amis qui, soudés, font front comme on sut le faire parfois tes enfants.
Il est temps de nous séparer très cher Val et de reprendre nos chemins, mais avant je dois remercier Armelle de t ‘avoir donné la parole et de m’avoir conté ton histoire, et celle de tes enfants, avec autant d’âme et de talent.
Bien à toi.
Ophélie 

Sinestra d’Armelle Carbonnel, paru le 08 novembre 2018 chez Ring

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